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12/10/2017

LE SABOT DE FONFON, POURQUOI PAS?

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C’eut été un sabot de la vierge, le regard serait moins «amoché». Le sabot d’un faon, c’est une autre paire de manches. Mea culpa, on ne badine pas, on ne fait pas la Germaine avec des animaux que l’on dit sauvages.

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Il est huit heures. Un matin d’automne à faire rêver. Tremblant et l’abondance de ses feuillus aux mille nuances, vous en met plein la vue. Un ciel bleu mur à mur. Les premiers rayons du  soleil glissent le long du parcours du Géant et s’abreuvent de sa rosée. Vos amis matinaux, en retrait dans le sous-bois pointent de l’œil. Au moindre bruissement de votre part, ils dresseront l’oreille et viendront vers vous.

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L’odeur et le bruit de la pomme que vous croquez les attirent.

Fonfon, le dernier né des faons, le laissé pour compte, l’orphelin de mère vous a conquis. Du bout des doigts, si vous lui donniez un petit quartier de pomme?

L’autre, le grand frère, le jeune cerf d’un an vous observe. Plus que cela, il vous a à l’oeil. « Pourquoi lui et pas moi? »

Votre « cœur de pomme » cède et tend un deuxième quartier, vers lui cette fois. La mère de famille aurait dû se rappeler…

Loin d’accepter de partager la main nourricière qui tend la bouchée; comme la coutume le veut dans le monde des cerfs, le jeune Fonfon, dressé sur ses pattes arrière brandit ses deux sabots de devant vers le rival pour l’empêcher de prendre la bouchée.

Vous êtes là, témoin du geste tant de fois observé. Le temps de vous retourner sans crier gare, plutôt que d’atteindre son but et d’éloigner l’imposteur, le sabot de Fonfon se rabat vers vous et atteint votre visage.

Une « droite » d’un champion-boxeur ne ferait pas plus d’effet. Vous en êtes quitte pour une coquetterie non pas dans l’œil, mais le long de la joue.

Morale de l’histoire : On ne peut jamais prévoir comment réagissent ces chéris dont la présence et le regard vous apportent  tant de joie, d’émerveillement et à l’occasion d’étonnement.

24/09/2017

VIVRE OU LE BONHEUR TOUT COURT

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Il y a de ces bonheurs qui entrent en fronde, sollicitent votre accueil, s’emparent de votre espace-temps.

On sonne à la porte!  Quatre petites têtes à peine visibles de la fenêtre. Arthur, Ella, Charlotte, Laila. Vous ouvrez et le silence se retire. Les rires donnent le ton, inondent votre refuge, comme le soleil inonde tout ce qui vous entoure. Le temps d’une visite chez les bisaïeules.

Il y a de ces bonheurs, qui, comme l’eau  froide du torrent, vous glissent entre les doigts, vous ressourcent, vous revigorent.  Ces bonheurs tranquilles, vous les vivez au jour le jour, comme si de rien n’était. Comme s’ils vous étaient dus, vous les goûtez inconsciemment, machinalement et puis voilà.

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Il y a de ces bonheurs qui vous donnent des ailes. Tout au long de la semaine dernière, en ouvrant mon ordi., des gerbes de messages, tous plus chaleureux les uns et les autres, viennent enjoliver mon écran à l’occasion de mon anniversaire de naissance. Que de joie, que de bonheurs, ces « coucous », ces « j’aime », ces « j’adore » ces «joyeuses fêtes » qui résonnent dans  ma tête, soudent les liens d’appartenance, d’amitié, qui nous enveloppent et nous réchauffent. Merci, on ne dira jamais assez merci à vous.

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Il y a de ces petits bonheurs qui vous font craquer par leur fidélité à vous visiter. Un chevreuil qui vous regarde par la fenêtre, à l’heure où je vous adresse une note.

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  Cornou, ma corneille gourmande qui trempe son pain sec dans l’eau de la"rigole" avant de le déguster. Pas un jour ne passe sans que j’observe les prouesses de ma ménagerie, leur savoir-faire,  leur débrouillardise, leur instinct.  

Les bonheurs sont souvent forgés par les chagrins, les épreuves, les malheurs que l’on a surmontés oubliés, effacés.

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Ce 19 septembre 2017, aux bulletins de nouvelles, au moment où le Mexique vit un terrifiant séisme, les médias soulignent qu’en 1985, jour pour jour, un démoniaque tremblement de terre pulvérise le cœur de la ville de Mexico. La secousse aura durée 4 intolérables minutes, avec une intensité de 8.2 sur l’échelle de Richter qui compte 9 degrés.

Nous y étions, ce jeudi 19 septembre 1985, 7h18.

En même temps que la métropole se démantèle, on voit s’évanouir notre projet de congrès.

Nous sommes au cœur de la mégatropole du Mexique, ville hôte de notre V111e Congrès de l’Association mondiale de femmes journalistes et écrivains. Le congrès débute dans trois jours. 18 vice-présidentes et 22 pays ont répondu à l’invitation. 300 déléguées allaient être présentes. Le thème du congrès : « Haute technologie- clé de la réalisation du potentiel humain ».  Nous ne sommes qu’une poignée de congressistes (membres du Conseil d’administration) arrivées sur les lieux représentant toutefois les cinq continents. Il ne s’agit pas d’abandonner nos collègues mexicaines du chapitre hôte, cruellement éprouvées, mais de partager avec elles, jour après jour, ces moments chargés de douleurs et d’angoisse.

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Dimanche 22 septembre 1985, 11h00. Quatre jours plus tard, figées devant la grille qui nous sépare de l’hécatombe qu’est l’hôpital Juárez où sont ensevelis vivants des centaines de victimes, patients, infirmières et médecins, les larmes nous montent aux yeux. Le spectacle est déchirant. Nous n’avions rien imaginé de semblable, lorsque, près de nous, un militaire chuchote que l’on vient de sortir un premier bébé encore vivant. Merveille! L’espace d’une seconde, c’est l’allégresse. Miracle de la vie.

Une émotion ne vient jamais seule. Ce même dimanche, 22 septembre 1985, un télégramme provenant du Texas annonce ma nomination au poste de présidente de L’Association mondiale de femmes journalistes et écrivains.

Vivre, survivre, si c’était cela le bonheur…

16/09/2017

C'EST EN SEPTEMBRE QUE...

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NOUS DEVRIONS RENDRE GRÂCE AUX ANIMAUX

POUR L’INNOCENCE FABULEUSE

ET LEUR SAVOIR GRÉ

DE POSER SUR NOUS LA DOUCEUR DE LEURS YEUX INQUIETS

SANS JAMAIS NOUS CONDAMNER

Christian Bobin

 

 

06/09/2017

"MON DIEU, QUEL BONHEUR D'AVOIR UN MARI BRICOLEUR"

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En train de m’évertuer depuis plus d’un  gros quart d’heure à vouloir essayer d’ouvrir le tiroir chauffant de la cuisinière pour y retirer ma casserole favorite. Arrivée à bout de patience, je décide de faire appel à l’homme de ma vie.  

La malheureuse enfouie trop rapidement et coincée de travers dans le réceptacle ne bronche pas d’un milimètre obstruant obstinément l’accès au tiroir.

Après quelques minutes de turbulentes tentatives effectuées sans succès par monsieur Solution, le même homme décide de prendre les grands moyens. Il m’explique de long en large, l’opération à venir : nous (vous avez bien lu). Nous, suppose que l’exploit se fait à deux. Nous glisserons la cuisinière hors de son entrave. Une fois au milieu de la place (J’ai immédiatement imaginé que nous allions pouvoir la secouer comme un prunier, figurant que le tiroir ouvrira par enchantement). Oubli monumental :le poids de la dame (pas le mien, celui de la cuisinière.) et les dimensions de sa masse cubique.  L’homme à solutions et son assistante (moi, la femme) ont beau renverser l’estropiée et la déposer, face contre sol (vous imaginez déjà le spectacle) pour retourner ce « surpoids » s’en dessus-dessous, puis d’un côté, puis de l’autre. Une cuisinière, pas moi, mais «la surpoids» ça devient lourd à la fin. Rien n’y fait. La divine casserole reste coincée, prisonnière de son tiroir.

L’objet de notre combat, tout bonnement affalé sur le plancher, le tiroir toujours aussi fermé est maintenant braqué vers le plafond de la cuisine pour une seconde fois. Sans peur et sans reproche, mon "réparateur" aguerri lance un : « je joue le tout pour le tout ». Ce qui équivaut à dire que la cuisinière risque de rendre l’âme sur-le-champ de bataille. Ce sont des outils de gros calibres, des outils de guerre dont nous avons besoin juste à évoquer la « barre à clous », laquelle croit-il, en viendra à bout. S’en suivent de la part de mon mécanicien, quelques malicieuses manœuvres dont j’ignore la portée. Au bout de ce branle-bas de combat, en dépit de tout, notre demoiselle s’en ressort malgré tout, entièrement opérationnelle et impeccable comme si de rien n’était.

Nous remettons la dame, comme il se doit, sur sa position de confort. Comme par enchantement, sans avoir eu à l’écorcher à coups de « crowbar » sans avoir eu non plus, le temps d’invoquer le Saint patron des cuisiniers, le tiroir a cédé aux emprises et la casserole délivrée, connaît son heure de gloire.

Les vainqueurs n’ont plus qu’à s’appuyer fermement ventres contre four et glisser lentement le « bétail » jusqu’à sa station d’origine.

Le miracle accompli, il suffit de rebrancher dans la prise de courant placée au mur, le câble ombilical de 220 volts attaché au dos de la cuisinière et de faire en sorte que ce dernier ne se retrouve pas sauvagement coincé.

L’embûche se cache maintenant entre le mur et la cuisinière (je ne parle plus de moi, ni d’elle, mais du câble).

Pour s’en assurer, mon spécialiste des causes difficiles décide une fois de plus, d’employer les grands moyens et d’aller voir à la source. Un pied sur un banc de fortune, la jambe droite qui s’étire pour s’agenouiller sur le comptoir de granit, prolongeant son corps d’athlète (J’exagère) jusqu’à parvenir à avoir la tête écrasée contre le mur, endroit stratégique pour vérifier la position de l’objet de malheur : l’illustre câble. Moi, je zieute l’homme rampant allègrement vers la cible, dans un effort soutenu de contorsions, allant jusqu’à oublier une seconde, la fragilité de la surface noir  de la céramique de verre de la belle dame (toujours pas moi) et inconsciemment, de s’accouder sur elle. Légèrement dit-il, après quoi.  C’en est trop! Un coup de fusil ou de tonnerre n’aurait pas fait plus d’éclat. Vous devinez la suite. Nous avons désormais un tiroir qui ouvre abondamment, hélàs, perdu cette admirable surface qu'offre la céramique de verre.

 Les vainqueurs sont ainsi vaincus.

Dans l’heure qui suit, monsieur Fixit à ses heures, notre Patrick, tient à rassurer son paternel : « Ne t’en fait pas papa, je te commande un dessus, je le pose et maman n’aura pas à se départir de sa meilleure aide de camp ».

Note : Je veux remercier du fond du cœur Sylvie, la très agréable tante de Claude, mon gendre. Sylvie, est responsable du plaisir que j’ai eu à rédiger cette note, après lui avoir confié n’avoir jamais osé publier sur mon blog, mon anecdote qui frôle le rocambolesque. Merci Sylvie !   

Photo: Dr Jean Turmel, petit-cousin par alliance et  l'homme de ma vie devant un merveille d'appareil photo datant des années 1880. 

 

 

 

 

03/08/2017

DE MÈRE EN FILLE - QUATRE GÉNÉRATIONS

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Vous êtes grand-mère neuf fois plutôt qu’une (pour reprendre l’expression, lorsque le sujet est jugé digne d’attirer l’attention ou de provoquer l’admiration. 

Depuis ces huit dernières  années, sans heurt et sans douleur, trois de vos descendants de la troisième génération, Éric, Guillaume et Anthony, vous ont propulsée au titre de vénérable arrière-grand-mère. Ce qui n’est  pas peu dire. Dès lors, vous régnez au faîte d’une tribu de quatre générations grâce à vos six arrières-trésors, tous en chair et en os. Julien, Charlotte, Ella, Arthur, Laila, Thomas. Inéluctablement, s’écrit une belle histoire.

L'un de ces quatre matins, vous êtes assise, l’ordi sur vos genoux, les yeux levés au ciel à la recherche, non pas du temps perdu, comme le célèbre Proust, mais d’une anecdote savoureuse à raconter dans votre journal.  Arrive l’une de vos adorables petites-filles.

Grand-maman …! L’intonation de la voix en dit long et retient votre attention. Suit ce silence qui parle de lui-même et que l’on n’interrompt pas pour tout l’or au monde.  Vous présagez déjà la suite. Vous n’allez pas au-devant de la nouvelle pour ne pas atténuer la joie de l’annonce.  Discrète, attentive, sans l’ombre d’un mot, vous plongez votre regard de grand-mère comblée dans celui de la fille de votre fille Cindy.

Les yeux de la Pitchounette brillent d’un éclat inhabituel. En un regard, tout est dit. Dans une famille, il y a de ces non-dits, de ces expressions qui se lisent dans les visages, se perpétuent d’une génération à l’autre.

Le silence se rompt: elle vous annonce comme par enchantement: «C’est pour janvier!» Vous avez tout saisi.

Vous, la fière grand-mère dont on commente abondamment, dans les journaux ou sur la place publique, la performance ou les succès de votre illustre tribu; dans un élan d’exaltation et sans l’ombre d’un doute, vous lancez gaillardement : Youpee! C’est merveilleux! Cindy, votre fille ajoute sur le même ton :" cela veut dire que nous serons quatre générations de mère en fille pour la deuxième fois, comme au moment de la naissance de Tanya.

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Sur la photo: Les quatre-générations de mère en fille. Vous, votre fille Cindy et votre petite-fille Tanya qui repose dans les bras d'Yvonne, son arrière grand-maman maternelle. Dans les bras de cette même arrière grand-maman cette fois paternelle, Rachel la cousine, en compagnie de sa maman Annie et de sa grand-maman Claudine.  

Le silence garde son souffle et se rabat sur votre propos.

Mais grand-maman! (C’est au tour de la petite-fille médecin de ramener sa grand-mère les deux pieds sur terre) « Je ne sais même pas si c’est une fille ou un garçon. Le foetus est de la taille d’un haricot tout au plus ».

Attendons! C’est le ton teinté de sagesse de la grand-mère qui ajoute son mot. Vous précisez qu’un garçon ou une fille ne changera rien à l’amour que vous porterez au poupon de votre petite-fille.

Arrive le troisième mois, il y a quelques jours de cela. Au tour de Madame votre fille de vous téléphoner : «As-tu ouvert tes mails? Va voir sur ton ordi, j’attends au bout du fil ». On ne rit pas. L’ordre est donné. 

La pitchounette apparaît sur votre écran. Vous n’en croyez pas vos yeux. La vignette est rose. Pour l’instant, tout est dit.

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La joie dans l’âme, une fois de plus, vous fredonnez Bachelet et sa merveille de chanson:

« Quand l’enfant viendra poser sa vie,

dans ce lit de bois que j’ai fait pour lui,

je dirai merci… »

 

 

22/06/2017

QUE MANGERAIS-TU CE SOIR?

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Depuis plus de soixante ans de vie à deux que vous «mâchouillez» la même question quand vient le temps de penser repas. "Que mangerais-tu ce soir".

Je «mangerais léger» si ça te convient. Des crêpes? Pourquoi pas! répond l’Homme de votre vie.

Vous abondez dans le sens en confirmant que des crêpes, c’est léger. Et puis par économie vestimentaire, vous pensez tout bonnement kilos quand arrive la belle saison.

Le meilleur crêpier du monde, vous l’avez devant vous. Lorsqu’il suggère des crêpes, c’est qu’il a l’intention de les concocter lui-même, avec amour. Ce qui a le don de ne pas vous déplaire. Le chef à ses heures maîtrise l’art de la crêpe, à coups de recherches de recettes toutes plus élaborées les unes que les autres.

Il coiffe la toque de circonstance, retire son préféré, du rayon des livres de cuisine. Il a l’âge de Mathusalem (pas l’homme, le livre), de nombreuses pages sont cornues, souillées tantôt de traces de vin, tantôt de doigts. Si la chance vous sourit, en le feuilletant, vous y trouverez, rédigée de sa plus belle main d’écriture, une note indiquant qu’il a ajouté quelques  larmes de brandy de façon à rehausser la saveur apportant aux  divines crêpes, un petit je-ne-sais-quoi.

Ces Chefs et leurs secrets culinaires...

L’arsenal des ingrédients est d’ores et déjà déployé sur le comptoir : Farine, œufs (3 pour les besoins de la cause), lait, sucre, beurre, sel et Brandy bien entendu sans oublier le pot de sirop d’érable, complément indissociable au moment de la dégustation.

Le temps passe. Votre « Bocuse » à ses heures s’affaire et met en branle son art et ses talents. Vous, le moussaillon de «l’après-branle-bas » récurerez et rangerez ce que vous appelez affectueusement les dégâts, tout en ayant gardé un œil sur la confection de « l’appareil ».

Une tasse de farine blanche! as-tu pensé? Lancez-vous d’une voix de major d’homme en voyant la tasse à mesurer remplie à ras bord. Pour la première fois de votre vie, vous prenez conscience qu’à deux, vous allez engloutir tout bonnement, une tasse de farine dans laquelle se dissimule : 455 calories et ses, 2% de gras, 86% de gluten et 12% de protéine, sournoisement enfouie dans vos petites crêpes légères et délicieuses. Sans oublier de compter les autres mignonnes calories que contiennent les trois œufs, le beurre et le reste.

 Vous regardez l’homme de votre vie dans le blanc des yeux. D’un ton moqueur vous ajoutez : nous qui voulions  «manger léger» (expression consacrée et tendance ces temps-ci).

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Bon appétit à ceux et celles qui succomberont à la tentation.

 

 

17/05/2017

LA BRANCHE DE COUDRIER

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Ludovic annonce le mauvais temps

Pour une raison ou pour une autre, les 25 décembre, la GMW (grand-mère Walsh) reçoit un petit cadeau inattendu et quelque peu insolite. Cette année, sous le regard attentif de toute sa tribu, elle a reçu une «branche de coudrier», dont la fonction est de prédire le temps qu’il fera.  La petite branche (appelée aussi rameau ou baguette), est accompagnée des instructions de la pose et de sa fonction: lorsqu’elle pointe vers le ciel, elle annonce le beau temps. Vers le sol, que la pluie est en route.

Ce que vous ne savez pas? Depuis décembre, la merveilleuse petite branche offerte en mode « beau temps», est demeurée jusqu’alors, sagement inflexible dans son précieux emballage. Et elle la GMW, ce qu’elle ne sait  plus? Qui, de sa tribu lui a offert .  Elle a malheureusement égaré la jolie carte qui l’accompagnait, n’osant jusqu’à ce jour, l‘avouer à quiconque de la tribu.

Arrive le mois de mai et son dicton : «fais ce qu’il te plaît ». la (Miss météo), gratifiée du précieux objet fait appel à l’homme de sa vie qui, sans être un sourcier, a la boussole dans l’œil quand il s’agit de l’orientation des objets et des points cardinaux. La fenêtre désignée, pour prédire le temps qu’il fera sera donc, on l’a devinée, au-dessus de l’évier de la cuisine. Celle-là même qui répond aux critères d’installation : Dehors, à 2 mètres du sol, exposée à l’ouest ou au sud, visible de l’intérieur. Voilà!

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 Cette fois c'est le beau temps

Sous un ciel d’un gris anthracite, à la pluie battante, la fragile petite chose fut clouée, à l’extérieur, comme il se doit, sur le cadrage de la fenêtre (permettant, en tout temps, d’y jeter un œil et vérifier les hauts et les bas de cet objet de prédilection et, de prédiction en rapport avec les sursauts et regains du temps qu’il fera dans les heures à venir. C’est à rendre envieux les bulletins météo et ses prévisions.

« C’est magique grand-maman ta petite branche"

La petite branche en question fait revivre à la grand-mère, de fantastiques souvenirs vécus à l’occasion d’une randonnée à vélo à L’Île-aux-Coudres, d’où elle rapporta, justement, une baguette de coudrier, après avoir sauvagement passé par-dessus les guidons de son deux-roues et s’être retrouvée tête contre terre sur l’épaulement de la route de graviers pour avoir regardé ailleurs et non droit devant. Il fallait voir l’état pitoyable des coudes et des genoux de l’estropiée.

(Pour le plaisir, un peu d’histoire) l'Île aux Coudres, perpétuellement recherchée par les vacanciers, les sportifs  et les touristes, est  située au beau milieu du majestueux fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de Baie-Saint-Paul dans la région de Charlevoix. Il est dit que Jacques Cartier en fit sa découverte un 6 septembre 1535. C‘est l’abondance des coudriers, arbre de la famille du noisetier, qui amena le fondateur de Québec à donner à ce refuge le nom d’Isle-aux-Coudres. C’est dans cette Île même que fut célébrée la première messe à l’intérieur des terres du Canada, le 7 septembre 1535.

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Dès que vient le printemps, on reconnaît le coudrier par ses branches couvertes de chatons jaunes d’où lui vient ce surnom d’arbre à chatons. On rapporte que les Amérindiens du début de la colonie étaient déjà familiers avec le coudrier, ses vertus et ses multiples usages. Sans doute les a-t-on transmis aux nouveaux arrivants. 

L'on raconte que de génération en génération, les insulaires de L'Isle-aux-Coudres, se font une fierté de prédire le temps qu'il fera pour une période de 24 heures et de transmettre à tout vent, cette sorte de  météorologie traditionnelle ou populaire. Détail passionnant : L’arbre lui-même, en rapprochant ses branches vers lui, réussit à conserver l'humidité près de son tronc durant les périodes d'ensoleillement. Il les dégagera lorsqu'il pleut, afin d’abreuver l’arbre de pluie tout autour de ce même tronc. On se rappellera que la branche de coudrier agit en fonction de la pression atmosphérique. Traditionnellement, elle demeure l’outil de prédilection des sourciers à la recherche de veines ou sources d’eau dans le sol.

Régnant en maître dans la fenêtre, faisant la pluie et le beau temps, attirant la curiosité, et l’intérêt de tout un chacun, le coudrier et ses multiples usages se situent dans «l’Inventaire des ressources ethnologiques du « patrimoine immatériel» Avouons qu’il serait temps pour la GMW de chercher opiniâtrement, parmi les siens, qui est l’auteur de ce fabuleux présent qu’est le baromètre patrimonial.

  • Le site internet et la page Facebook de « l'Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel » se veulent des outils de diffusion et de mise en valeur des pratiques culturelles du Québec qui sont inventoriées.

12/04/2017

CE MATIN, CE QUE JE VOIS...

 

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Un matin de semaine sainte. Pluvieux. Il faut dire que la nature fait son œuvre. Les timides bourgeons aux branches des bouleaux jaunes remplacent les gouttes d’eau déposées par une pluie abondante. Les dernières nappes de neige disparaissent à vue d'oeil. Ce matin, l’imperceptible montagne est emmitouflée dans son brouillard. Un temps de semaine sainte dirait-on.

Ce que je perçois avec un certain sourire, « quel bonheur, quelle chance »! c’est ma biche roupillant, qui a bien le droit de se reposer, Son faon à ses côtés, sur la baleine, comme l’appellent les moussaillons. Cette énorme plaque de granite, prolongement du rocher. Témoin de tout ce qui se passe au refuge. Là où l’on s’allonge pour regarder le ciel, le beau temps, les étoiles. Là, d’où l’on zieute la montagne pour voir le temps qu’il fera. Là où l’on se retrouve après avoir trop ri ou trop joué.  Ce dimanche, la baleine réchauffée par un soleil généreux nous rassemblera, nous offrira sa douce chaleur réconfortante, vivifiante. Ce sera Pâques, ce sera notre printemps.

JOYEUSES PÂQUES À VOUS TOUS,

DE LA PART DE NOTRE TRIBU.

01/04/2017

MON POISSON D'AVRIL

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Le soleil se lève à l’horizon. Pas vous! Vous n’êtes pas encore levé. Avant même d’ouvrir les yeux pour regarder le temps qu’il fera, déjà vous vous creusez les méninges. « Qu’est-ce que je pourrais bien trouver de drôle, de pas méchant, pour leur faire courir le poisson d’avril, cette année encore? Évidemment c’est de votre tribu et de quelques amis qu’il s’agit.

Depuis toujours, vous adorez faire courir le poisson d’avril. Vous avez passé outre une seule fois et ils ont tous craint que vous subissiez un malaise. Considérant votre grand- âge, ils seraient encore plus inquiets si vous omettiez de leur faire courir cette année.

Le téléphone sonne! Vous répondez. C’est l’un de vos deux fils au bout du fil : « As-tu reçu un appel des pompiers? » 

Non! 

Pour éviter le choc ou que vous tombiez dans les pommes, il tempère en ajoutant calmement : « Il semblerait qu’il y a le feu au bureau. Pour temporiser un peu plus il ajoute : J’y vais immédiatement et je te rappelle une fois sur place.»

Le seul mot que vous trouvez à dire : « d’accord! ». Et vous fermez.

Ce n’est pas ce que vous pensiez entendre en décrochant l’appareil, en ce premier avril.  Avant même d’avoir le temps d’annoncer la nouvelle à l’homme de votre vie, allongé à vos côtés, qui a tout entendu et songe déjà à se rendre sur les lieux, le téléphone sonne à nouveau. C’est le même fils, qui a l’air de rire aux larmes, arrivant à peine à vous dire,  tellement c’est drôle, « poisson d’avril! Tu devais bien t’en douter ».

Il vous a eue encore une fois.

C'est l’arroseure arrosée ou presque...

22/03/2017

UN MATIN FÉÉRIQUE

COUCOU, UN DÉCOR À COUPER LE SOUFFLE -17 AU THERMOMÈTRE.

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La montagne m'appelle, comment refuser son invitation.

Je chausse mes skis, le sommet m'attend.

Bonne journée sous ce ciel de printemps

 
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